Un pont vers le Brésil

C’est avec grand plaisir que j’annonce le lancement de plus55.com – premier média brésilien anglophone traitant du Brésil, destiné aux étrangers. plus55 couvre le Brésil de façon exhaustive : politique, économie, société, culture, tout y est investigué. Pour Gustavo, le Brésil est un pays complexe qui mérite, non d’être interprété, mais traduit.

plus55 – Your bridge to Brazil

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Dans la presse française

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Je viens d’avoir mon premier article publié par un média français. Non-francophone d’origine, c’est un moment très important pour ma carrière journalistique. Une réflexion sur la montée du conservatisme au Brésil. Je vous invite donc à aller sur Médiapart et le lire, le critiquer, donner vos avis et suggestions !

 

Au Brésil, le conservatisme gagne du terrain

Au Parlement, le gouvernement du Parti des travailleurs subit des défaites politiques successives et assiste à la montée du conservatisme politique. Depuis la re-démocratisation brésilienne de 1985, la droite n’a jamais été aussi forte.

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La promesse vide du PT

Les partis politiques brésiliens ont le droit de diffuser deux fois par an, gratuitement, un spot de quelques minutes (entre 5 et 10, selon le nombre d’élus). Ce soir, le Parti des travailleurs s’adresse à la nation. Le parti au pouvoir depuis 2003 promet un message fort, contre les illégalités qui ont pu être commises au cours des années. N’importe quel membre du parti en sera expulsé si condamné par la Justice.

C’est risible. Cette tentative de sauver la face contredit l’histoire récente du parti le plus important du Brésil. Impliqué dans l’affaire du mensalão, un scandale qui a exposé les pots-de-vin payés par le gouvernement à des parlementaires pour assurer une majorité à l’Assemblée nationale, le PT a toujours défendu ses criminels. Certains des principaux noms du parti ont été condamnés à cause de leur participation à l’affaire.

José Dirceu, ancien chef de cabinet de Lula, a été condamné à presque 8 ans de prison pour avoir été à la tête de l’« organisation criminelle sophistiquée », comme le Procureur-Général de la République a appelé le groupe faisant partie dugouvernement Lula. Henrique Pizzolatto, ancien directeur de la Banque du Brésil, a été condamné à 12 ans de prison ferme. José Genoino, ancien président du parti ; condamné à 4 ans. João Paulo Cunha, ancien député ; à 6 ans. Delúbio Soares, ancien trésorier, à 6 ans.

Au-delà de leur casier, ces hommes ont en commun l’indulgence reçue par le parti. Ils sont toujours au PT. Le parti les a non seulement défendus, mais les a appelé des « prisonniers politiques ». Victimes d’une campagne des médias et des élites contre un parti populaire.

Maintenant, le PT est encore une fois l’épicentre d’une affaire de corruption – l’affaire Petrobras. Son trésorier actuel a été arrêté par la Police fédérale. Même Lula, le gourou qui a quitté la présidence de la République jouissant de l’approbation de 80% des Brésiliens, n’est pas sauf. Il est soupçonné d’avoir fait du lobbying pour l’entreprise de construction Odebrecht, impliquée dans l’affaire Petrobras. Lula aurait utilisé son influence pour aider l’entreprise à signer des contrats surfacturés avec plusieurs pays (dont Cuba, République Dominicaine, Ghana…). De plus, Lula aurait forcé la banque de développement brésilienne à financer ces projets.

Et alors, dans l’éventualité d’une possible condamnation de Lula, serait-il expulsé ? Je doute fort que le PT tiendra cette promesse.

Un nouveau défi, écrire en Français !

Enfin, deux ans et demi après être arrivé en France, je commence à blogger. Quelques raisons m’ont empêché de le faire avant, la maîtrise de la langue française étant la principale. Maintenant, je me sens prêt à écrire sur ce qui se passe dans mon pays pour le public français. Une autre raison pour laquelle je prends cette initiative, c’est ma vision de la couverture brésilienne par les médias français. La fréquence et la profondeur avec lesquelles on en parle en France ne me paraissent pas suffisantes pour bien comprendre le pays.

Le Brésil connaît des tournants importants. A un an et demi des Jeux Olympiques de Rio, nous sommes au bord d’une grave crise énergétique nationale et d’une crise hydrique à São Paulo, la plus grande métropole brésilienne. Dans un cadre de récession économique, l’inflation croissante commence à faire peur pour la première fois depuis l’introduction du Réal en 1994. A Brasília, la présidente Dilma Rousseff et le Congrès national sont sur le pied de guerre.

Comme si ce n’était pas assez, nous faisons face à celui qui est peut-être le plus gros scandale de corruption jamais vu au Brésil : l’affaire Petrobras. Un ancien haut responsable du groupe pétrolier, contrôlé par l’Etat, a révélé à la Police fédérale un réseau de pots-de-vin et de financements illégaux de campagnes politiques. Les sommes d’argent détournées peuvent atteindre 7 milliards d’euros. Des dizaines de cadres d’entreprises de construction ont été arrêtés pour leur participation à l’affaire et des hommes politiques des principaux partis semblent impliqués.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti des travailleurs (PT) connaît sa pire crise politique. Ni même en 2005-2006, lors de l’affaire du mensalão, le parti s’est trouvé aussi isolé. A l’époque, il a été révélé que le gouvernement payait des mensualités à des députés pour s’assurer une majorité au Parlement. L’ancien chef de cabinet de Lula, José Dirceu, à la tête de cette « organisation criminelle » selon le Procureur-général de la République, a perdu son mandat de député et ses droits politiques pour 8 ans. Toutefois, Lula bénéficiait d’un taux d’approbation massif auprès de la population. Son mandat n’a jamais été remis en question.

Aujourd’hui, Mme Rousseff est la présidente d’un pays polarisé. Lors du second tour des élections générales, en octobre dernier, 48,36% des électeurs ont voté pour le candidat de l’opposition Aécio Neves. Même parmi les voix qui l’ont soutenue, Dilma n’a plus le même prestige. Après avoir annoncé des mesures d’austérité qui vont à l’encontre de son discours de campagne, elle a vu sa popularité chuter de façon spectaculaire.

Selon un sondage récent, Mme Rousseff est vue comme « fausse » par 54% des Brésiliens, « malhonnête » par 47% et « menteuse » par 46%. Le 15 mars, 37 manifestations auront lieu pour demander sa destitution. Sur les réseaux sociaux, plus d’un million de personnes ont confirmé leur présence dans ces manifestations. Il est inimaginable que Dilma Rousseff ne finisse pas son mandat. La légitimité de son élection ne peut pas être contestée. En revanche, ces actes montrent l’ambiance hostile dans laquelle elle doit gouverner.

Dans ce contexte particulier, Parlons Brésil se propose d’analyser ce qu’il se passe dans le pays. Ici, nous parlerons davantage de politique, mais également de questions de société, ainsi que de la préparation pour les Jeux Olympiques sans oublier le football !