La promesse vide du PT

Les partis politiques brésiliens ont le droit de diffuser deux fois par an, gratuitement, un spot de quelques minutes (entre 5 et 10, selon le nombre d’élus). Ce soir, le Parti des travailleurs s’adresse à la nation. Le parti au pouvoir depuis 2003 promet un message fort, contre les illégalités qui ont pu être commises au cours des années. N’importe quel membre du parti en sera expulsé si condamné par la Justice.

C’est risible. Cette tentative de sauver la face contredit l’histoire récente du parti le plus important du Brésil. Impliqué dans l’affaire du mensalão, un scandale qui a exposé les pots-de-vin payés par le gouvernement à des parlementaires pour assurer une majorité à l’Assemblée nationale, le PT a toujours défendu ses criminels. Certains des principaux noms du parti ont été condamnés à cause de leur participation à l’affaire.

José Dirceu, ancien chef de cabinet de Lula, a été condamné à presque 8 ans de prison pour avoir été à la tête de l’« organisation criminelle sophistiquée », comme le Procureur-Général de la République a appelé le groupe faisant partie dugouvernement Lula. Henrique Pizzolatto, ancien directeur de la Banque du Brésil, a été condamné à 12 ans de prison ferme. José Genoino, ancien président du parti ; condamné à 4 ans. João Paulo Cunha, ancien député ; à 6 ans. Delúbio Soares, ancien trésorier, à 6 ans.

Au-delà de leur casier, ces hommes ont en commun l’indulgence reçue par le parti. Ils sont toujours au PT. Le parti les a non seulement défendus, mais les a appelé des « prisonniers politiques ». Victimes d’une campagne des médias et des élites contre un parti populaire.

Maintenant, le PT est encore une fois l’épicentre d’une affaire de corruption – l’affaire Petrobras. Son trésorier actuel a été arrêté par la Police fédérale. Même Lula, le gourou qui a quitté la présidence de la République jouissant de l’approbation de 80% des Brésiliens, n’est pas sauf. Il est soupçonné d’avoir fait du lobbying pour l’entreprise de construction Odebrecht, impliquée dans l’affaire Petrobras. Lula aurait utilisé son influence pour aider l’entreprise à signer des contrats surfacturés avec plusieurs pays (dont Cuba, République Dominicaine, Ghana…). De plus, Lula aurait forcé la banque de développement brésilienne à financer ces projets.

Et alors, dans l’éventualité d’une possible condamnation de Lula, serait-il expulsé ? Je doute fort que le PT tiendra cette promesse.

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