Brasília, 55 ans !

Athos

Le 21 avril 1960, Brasília, la nouvelle capitale brésilienne, a été inaugurée. Brasília est le fruit de l’esprit entrepreneur d’un président, de la créativité d’un architecte et d’un urbaniste, et de la sueur de milliers de Brésiliens issus de toutes les régions du pays. Créée à partir de rien dans une région non peuplée du pays au climat désertique et loin de tout, la ville représente la réalisation d’une utopie qui a transformé le Brésil et aidé à forger une nation. Comme toutes les utopies, Brasília nous présente des idées innovantes – et n’arrive pas à atteindre l’idéal de ses fondateurs.

Juscelino Kubistchek, le président dont le slogan de campagne était « 50 ans en 5 », c’est-à-dire promouvoir 50 ans de développement durant son quinquennat, a transformé la construction d’une nouvelle capitale au centre dépeuplé du pays comme axe majeur de sa politique. La nouvelle capitale devenait fondamentale pour ledéveloppement de la région centrale. Brasília, symbole du progrès promis, devait être différente de tout. En effet, que vous aimiez ou non Brasília, vous ne pouvez pas dire avoir déjà vu une ville pareille.

Cette unicité est due à l’urbaniste Lucio Costa, le créateur du centre-ville en forme d’avion, et à l’architecte Oscar Niemeyer, responsable pour les bâtiments modernistes, en béton armé et dotés de colonnes originales. Disciple du Corbusier, Niemeyer a dessiné les bâtiments résidentiels de la capitale à l’image de la Cité Radieuse de Marseille. Le pilotis, l’espace de circulation à travers l’immeuble au rez-de-chaussée, est unique dans un pays où les gens cherchent à se protéger derrière des barrières. Niemeyer a pensé une ville où pauvres et riches cohabitent, où le commerce local est favorisé.

Placée dans une région de faible humidité de l’air (environ 10% pendant la saison sèche), Brasília arrive pourtant à être exubérante avec ses 7 millions d’arbres au centre-ville. Si Londres a de gigantesques parcs partout, Brasília est un parc en soi. Bien qu’à mille kilomètres de la plage la plus proche, Brasília est la deuxième ville brésilienne en nombre de bateaux, grâce au lac Paranoá.

Toutefois, le rêve des fondateurs, une ville où les pauvres et les riches cohabitent, n’a pas été réalisé. La capitale nationale n’échappe pas à la règle brésilienne : l’inégalité profonde. Dans l’« avion », la qualité de vie est parmi les plus élevées du Brésil. De grands appartements à coté de bonnes écoles, un réseau de transports en commun acceptable… A 20 kilomètres du centre-ville, la réalité est bien différente.

Dans les quartiers défavorisés, l’insalubrité contraste de façon frappante avec les bons coins. Des problèmes d’ approvisionnement d’eau potable et d’électricité sont facilement observables. Les taux de criminalité transforment quelques quartiers en véritables « no-go zones ». Enfin, la capitale concentre aussi bien le meilleur que le pire du Brésil.

La jeune capitale commence à peine à former des générations de « brasilienses ». Si presque personne n’est brasiliense pur jus, Brasília fait preuve d’une hospitalité impressionnante et accueille tout le monde. Bien que je sois né à Minas Gerais (Etat du Sud-Est du Brésil), chez moi, c’est Brasília. Je ne peux terminer ce texte qu’en souhaitant un joyeux anniversaire à cette ville que j’aime tellement !

 

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