Un nouveau défi, écrire en Français !

Enfin, deux ans et demi après être arrivé en France, je commence à blogger. Quelques raisons m’ont empêché de le faire avant, la maîtrise de la langue française étant la principale. Maintenant, je me sens prêt à écrire sur ce qui se passe dans mon pays pour le public français. Une autre raison pour laquelle je prends cette initiative, c’est ma vision de la couverture brésilienne par les médias français. La fréquence et la profondeur avec lesquelles on en parle en France ne me paraissent pas suffisantes pour bien comprendre le pays.

Le Brésil connaît des tournants importants. A un an et demi des Jeux Olympiques de Rio, nous sommes au bord d’une grave crise énergétique nationale et d’une crise hydrique à São Paulo, la plus grande métropole brésilienne. Dans un cadre de récession économique, l’inflation croissante commence à faire peur pour la première fois depuis l’introduction du Réal en 1994. A Brasília, la présidente Dilma Rousseff et le Congrès national sont sur le pied de guerre.

Comme si ce n’était pas assez, nous faisons face à celui qui est peut-être le plus gros scandale de corruption jamais vu au Brésil : l’affaire Petrobras. Un ancien haut responsable du groupe pétrolier, contrôlé par l’Etat, a révélé à la Police fédérale un réseau de pots-de-vin et de financements illégaux de campagnes politiques. Les sommes d’argent détournées peuvent atteindre 7 milliards d’euros. Des dizaines de cadres d’entreprises de construction ont été arrêtés pour leur participation à l’affaire et des hommes politiques des principaux partis semblent impliqués.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti des travailleurs (PT) connaît sa pire crise politique. Ni même en 2005-2006, lors de l’affaire du mensalão, le parti s’est trouvé aussi isolé. A l’époque, il a été révélé que le gouvernement payait des mensualités à des députés pour s’assurer une majorité au Parlement. L’ancien chef de cabinet de Lula, José Dirceu, à la tête de cette « organisation criminelle » selon le Procureur-général de la République, a perdu son mandat de député et ses droits politiques pour 8 ans. Toutefois, Lula bénéficiait d’un taux d’approbation massif auprès de la population. Son mandat n’a jamais été remis en question.

Aujourd’hui, Mme Rousseff est la présidente d’un pays polarisé. Lors du second tour des élections générales, en octobre dernier, 48,36% des électeurs ont voté pour le candidat de l’opposition Aécio Neves. Même parmi les voix qui l’ont soutenue, Dilma n’a plus le même prestige. Après avoir annoncé des mesures d’austérité qui vont à l’encontre de son discours de campagne, elle a vu sa popularité chuter de façon spectaculaire.

Selon un sondage récent, Mme Rousseff est vue comme « fausse » par 54% des Brésiliens, « malhonnête » par 47% et « menteuse » par 46%. Le 15 mars, 37 manifestations auront lieu pour demander sa destitution. Sur les réseaux sociaux, plus d’un million de personnes ont confirmé leur présence dans ces manifestations. Il est inimaginable que Dilma Rousseff ne finisse pas son mandat. La légitimité de son élection ne peut pas être contestée. En revanche, ces actes montrent l’ambiance hostile dans laquelle elle doit gouverner.

Dans ce contexte particulier, Parlons Brésil se propose d’analyser ce qu’il se passe dans le pays. Ici, nous parlerons davantage de politique, mais également de questions de société, ainsi que de la préparation pour les Jeux Olympiques sans oublier le football !

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